Cours complet 06-07 Bouneau, jeudi matin
Bouneau UE2 1er cours 28/09/06
Sommaire
- 1 L’économie de l’innovation au cœur de l’économie contemporaine
- 2 L'innovation et le cercle vertueux de la seconde industrialisation
- 3 Innovation et logique de guerre de croissance et de crise 1914-1945
- 3.1 La « grande guerre » comme rupture économique majeure
- 3.2 L’économie de l’innovation de la démocratie au totalitarisme et à la guerre totale
- 3.3 B-/Expansion des énergies de la seconde industrialisation
- 3.4 C-/Média et télécommunication
- 3.5 A-/La Grande Bretagne de la létargie au sursaut
- 3.6 Allemagne nazie: une logique précoce de guerre
- 3.7 A-/Renforcement des logiques d'intervention dans les deux guerres
- 3.8 B-/Impératif vital durant le second conflit mondial
L’économie de l’innovation au cœur de l’économie contemporaine
Introduction
Les théories économiques de Schumpeter sont articulées avec l’histoire économique et l’action économique car il fut ministre des finances en Autriche avant l’invasion nazi, d’ailleurs cet évènement le poussa à partir aux Etats-Unis où il étudia le capitalisme et le socialisme. Schumpeter est un économiste hétérodoxe. Il a une approche micro-économique par l’entreprise et macro-économique par un processus : l’innovation.
Munster P., L’Encyclopédie de l’Innovation
Les 5 catégories d’innovations :
- de produits
- de procédés
- d’organisations
- commerciales
- socioculturelles
- Les innovations de procédés et de produits sont des innovations technologiques (le mot technologique désigne l’ensemble des systèmes techniques en rapport avec leur environnement, le terme de technologie quant à lui englobe en plus des aspects politiques et socioculturels).
- Il faut distinguer les innovations radicales des innovations qui ne sont en réalité que des perfectionnements.
- Une innovation de produit : le vélo
- Une innovation de procédé : le puddlage pour obtenir de l’acier
- Des innovations commerciales : la réclame, la publicité, le marketing… les innovations commerciales renvoient bien souvent au domaine de la communication.
- Les innovations d’organisation, c’est le cas de la création de la grande entreprise multidivisionnelle apparut au XIXe siècle, l’entreprise est alors organisée en divisions et en services, le pouvoir est détenu par une nouvelle classe d’individus : les managers. A.Chandler « la main visible du marché ». Le taylorisme est à la fois une innovation d’organisation et commerciale associée à un discours social.
- Les innovations socioculturelles : ce sont les effets de modes par exemple le sportwear. Ce type d’innovation est généralement un phénomène descendant, des élites vers la masse.
Le modèle : Invention → Innovation → Diffusion ? En réalité le phénomène est moins linéaire.
I La dynamique des réseaux entretient l’histoire de l’innovation
- L’école des Annales laissait une large place à l’histoire des techniques. Marc Bloch et Lucien Febvre ont largement intégré l’histoire des techniques et des réseaux dans leurs recherches « raconter le combat sans les armes, le paysan sans la charrue, la société entière sans l’outil, c’est assembler de vaines nuées ».
- Aujourd’hui, il y a saturation de la technique et le terme d’innovation peut devenir un objet de mode, on le constate dans de nombreux discours politiques récents. Depuis la révolution industrielle l’innovation est étroitement liée à l’histoire des réseaux : le réseau c’est la transcription spatiale des systèmes techniques. Ce mot vient du latin retis : le filet, pendant la révolution industrielle le réseau ferroviaire s’est propagé sous forme de mailles. On retrouve actuellement cette même image de maille avec la téléphonie qui quadrille le territoire
Á la recherche de la gestion du territoire et des technique urbaines
- Le lien réseau / innovation apparaît au XVIIIe siècle, l’innovation à cette époque passe par le contrôle des territoires, on réinvente le réseau routier ce phénomène est largement symbolisé par le corps d’ingénieurs de l’Ecole des Ponts et Chaussées en Prusse sous Frederik le Grand. L’objectif du despote éclairé était de maîtriser l’économie et la politique par le territoire. On commence à voir les routes comme un instrument de contrôle du territoire chose oubliée depuis les romains. La demande de routes provient aussi des militaires et des médecins pour qui l’existence d’un réseau routier dense était une chose essentielle.
- Studeny auteur de l'ouvrage L’Invention de la Vitesse, pour lui elle se situe au XVIIIe siècle avant la révolution ferroviaire, elle est liée à la naissance des services postaux, mais aussi du télégraphe optique par Chape en 1794 (on utilise un système de drapeaux, de signaux, il y a des relais tous les 20km c’est autant une innovation de produit, de procédé que d’organisation.
L’âge d’or Saint-simonien
L’idéologie saint-simonienne croise les différents types d’innovations, son âge d’or se situe autour de 1850. A priori le saint-simonisme est une face du socialisme utopique en pratique il n’en est rien.
Ses disciples jouent un rôle fondamental dans l’économie française du XIXe siècle, les plus actifs sont :
- M.Chevalier auteur du Système de la Méditerranée en 1837, il signe le traité de libre échange portant sur les céréales entre la France et l’Angleterre en 1860.
- Les frères Pereire Emile et Isaac pendant le second Empire. Dans les années 1830 ils sont employés par la banque Rothschild, puis ils acquièrent leur autonomie vers 1840, ils créaient alors un grand groupe d’affaire qui cumule tous les types d’innovations. Ils ont contrôlé trois des grands réseaux de chemins de fer sur six (comme la Compagnie de chemin de fer du Midi), ils sont les inventeurs de l’obligation ferroviaire qui est une innovation financière globale, ils créaient des obligations : c’est un emprunt de l’entreprise ce titre donne un revenu fixe à la différence de l’action qui elle entraîne un risque car la rémunération (les dividendes) dépendent des résultats de l’entreprise. Les frères Pereire sont aussi à l’origine d’une invention touristique majeur avec l’aménagement du Bassin d’Arcachon.
- Une innovation agricole : la création de la forêt des Landes
- Une innovation maritime, en effet ils créaient la CGT, la compagnie générale transatlantique.
- Ils appliquèrent complètement l’idéologie saintsimoniste car ils ont intimement liés l’innovation et le social autrement dit le progrès économique et le développement social. Ils ont eu une vision universaliste et même messianique ils croient en un progrès de l’humanité.
La diversification des modèles de réseau
- Cette diversification des réseaux apparaît suite aux enchaînements des révolutions industrielles. Avec la seconde révolution industrielle un nouveau modèle de réseau apparaît il est lié à l’électricité, la diffusion de cette forme d’énergie génère une seconde industrialisation. C’est à ce moment là que se créaient les grandes entreprises chandleriennes. On électrifie le territoire pendant tout le premier tiers du XXe siècle, les compagnies qui électrifient ont un immense pouvoir car elles génèrent l’industrialisation et celle-ci entraîne une logique de la demande et pousse à la consommation.
- Avec les réseaux électriques on passe aux abonnés (jusque là le client était un usager il se transforme en abonné), cela marque naissance du consommateur. L’abonné est captif mais il peut toujours jouer sur la tarification et la concurrence. Les grandes compagnies d’électricité ont acquis à cette époque un véritable pouvoir, les marchés financiers de l’époque étaient sous leur contrôle.
L’innovation et les débats sur la coordination
- A partir du milieu du XIX e siècle, on réfléchit sur les coûts de transaction, on cherche le meilleur moyen de maximiser les profits, l’utilisation des réseaux en est un moyen voire la meilleur forme.
Les réseaux ne sont pas une hiérarchie classique mais une solidarité entre les différentes divisions de l’entreprise. En politique, l’utilisation des réseaux permet d’augmenter le profit il faut pour cela augmenter ses liens interpersonnels (pratiquer le lobbying avoir à sa cause les parlementaires), le stade au dessus c’est la collusion et encore au dessus la corruption. Penser à la construction du canal de Panama qui est gréée de problèmes de corruption.
- M.Callon a travaillé sur la sociologie de l’innovation. Il montre que dans les mécanismes d’innovation les relations sont horizontales, c’est différent d'une hiérarchie classique où les relations sont verticales.
- Le réseau est un outil de coordination et de compréhension de la complexité, c’est à la fois l’entreprise et le système technique qui gère le territoire c’est le cas des grandes compagnies des chemins de fer.
Les grands débats de l’histoire de l’innovation
La critique d’une vision exclusivement évolutionniste
- Cette vision est une vision classique de l’histoire positiviste : l’innovation vertueuse et ses réseaux, elle est aussi territoriale, le système d’innovation est d’abord local puis régional, puis national et enfin international. Les réseaux sont un instrument positif de solidarité du territoire.
- F.Caron « il n’y a aucune évolution irréversible du local vers l’international même dans un domaine technologique strict ». Chaque innovation a un ou plusieurs berceaux qui ensuite remettent en cause la mondialité.
- Exemple le tramway en 2006 qui est égal à 1/8 du réseau des années 30, et l’alimentation par sol est une technologie inventée à la fin du XIXe siècle, de même la taille du réseau de chemin de fer en France ne correspond qu’à 1/3 de sa taille dans les années 30.
- A Paris est organisé en 1881 l’exposition internationale de l’électricité sur les champs Elysées , il y a 1754 exposants. Même si les français sont majoritaires ce n'est pas d'eux dont proviennent les innovations les plus bouleversantes. L'homme du salon c’est Thomas Edison qui fait passer le système technique de la marge au centre. Il a la vision d’un système : « the system first » il pense le commercial, le profit. Son objectif est de relier son invention majeure la lampe à tingstène et le contrôle de la production d’électricité. Il a une vision globale puisqu’il travaille l’opinion, verse des pots de vin aux journaux pour qu’ils vantent son système, c’est un homme médiatique. Le système à grande échelle est développé par les allemands, ce sont les concurrents d’Edison : la famille Siemens. Werner Siemens installe un tramway électrique de son invention, durant l’exposition sur l’électricité, il relie la place de la Concorde au Palais de l’électricité.
Le débat sur les résistances à l’innovation
- L’innovation n’est pas une fin en soi, il n’ y a pas de légende dorée. Elle peut susciter débat oppositions, résistances mais il ne faut pas assimiler cela à un archaïsme, ces résistances peuvent naître de réflexions politique et sociales. C’est le cas des corporations, les métiers désirant sauvegarder leurs emplois, ils dénoncent le machinisme, le remplacement de l’homme par la machine, la mécanisation, l’automatisation. A la fin du XVIIIe siècle des hommes détruisent des équipements en Angleterre c’est le phénomène du luddisme, au départ contre le textile puis ce phénomène s’est étendu.
- De même l’opposition gaziers/électricité.
- L’innovation génère en permanence des tensions.
Un secteur décisif pour l’innovation : les applications énergétiques et la formation d’une économie de l’énergie
Des perfectionnements de la machine à vapeur à la mécanisation et à l’automatisation
- La machine à vapeur a été inventée par Watt au XVIIIe siècle, elle est le moteur de la première révolution industrielle. Elle est en permanence améliorée, on diminue la quantité de charbon nécessaire pour produire un cheval vapeur. On développe des machines à hautes pressions qui viennent des Etats-Unis, les américains ont une supériorité nette pour la fabrication des machines outils. L’apparition des turbines améliore l’efficacité des machines à vapeur, cette innovation se répand pendant le début de la seconde révolution industrielle grâce à la généralisation de l’utilisation des machines outils.
L’avènement de l’automobile et de l’aéronautique
- Grâce à l’invention du moteur à explosion on réduit un goulot d’étranglement. A savoir comment concevoir un système de circulation autonome et suffisamment léger. Jusqu’au début du XIXe siècle la concurrence est vive entre les différents types de véhicules. Aux Etats-Unis jusqu’en 1902 on construit surtout des automobiles électriques et même à vapeur. Le moteur à combustion interne a été inventé par le belge Lenoir en 1860, il faut attendre les innovations allemandes des années 1880 et surtout l’invention du moteur à diesel en 1897 par Diesel pour que l’automobile puisse véritablement voir le jour.
- Dans le domaine de l’aéronautique, l’invention majeure vient de Clément Ader qui projette de faire voler un appareil plus lourd que l’air, il a été aidé par les militaires, son premier avion décolle en 1897 à Satory, c’est le début de l’aéronautique. L’avion est ensuite développé par les frères Wright, les français jouent un rôle important à partir de 1907 notamment avec les vols de Louis Blériot (traversée de la Manche en 1907). Au même moment, les dirigeables se perfectionnent grâce à l’action du comte Von Zeppelin, en 1897 il lance son premier dirigeable et à partir de cette date leur taille ne va cesser de croître.
L’influence des NTIC (aujourd’hui TICE)
- Les NTIC et TICE ont complexifié l’innovation. Les innovations sont fondées de plus en plus sur l’immatériel.
- M.Castel, La société en réseau : l’ère de l’information, 1996 cette dynamique de l’innovation est née selon lui dans les années 60.
- M.Mcluhan, War and Peace in the Global Village, 1969. Il montre que la globalisation par l’information est au delà de la vitesse, on recherche à l'heure actuelle l’ubiquité.
- Ces NTIC amènent une critique sociale :
- elles reproduisent et accroissent les inégalités sociales c’est la question de la fracture numérique et de la saturation de l’information amenée par les NTIC, on est constamment sollicité par des informations venant de tous les canaux. Quel doit être l’attitude du citoyen ?
Conclusion
- L’histoire de l’innovation rencontre en permanence une dimension spatiale. La grande difficulté est de pouvoir articuler en permanence les différentes échelles le local / le régional / le national / et l’international, lorsqu’on met en œuvre les 5 grandes catégories d’innovations schumpétériennes. En Aquitaine l’échelon régional est le moins évident.
L'innovation et le cercle vertueux de la seconde industrialisation
La notion de système technique au cœur du développement économique et social
- La notion de système technique a été travaillée par Schumpeter et G.Mensch le disciple de ce dernier en France est l’historien Bertrand Gilles auteur de L’histoire des Techniques . D’autres historiens ont travaillé sur ce thème notamment Hughes dans son ouvrage Network of Power et aussi F.Carron Les Deux Révolutions Industrielles (il prépare pour 2007 Une nouvelle histoire des techniques).
- Un système technique peut être défini comme un ensemble d’éléments techniques interdépendants qui structurent l’économie, génèrent de nouveaux produits et de nouveaux procédés et contribuent au développement de la société.
- Pour la première révolution industrielle, les deux systèmes techniques dominants sont le textile et la sidérurgie. Cela a constitué un paysage spécifique, en effet on le constate aisément il y a une forme spatiale de cette industrialisation ,voir les grands bassins industriels, ce sont les « black counties » en Angleterre, les corons au Nord ,il y a une forme d’habitation spécifique, on utilise le terril (résidus d’exploitations) pour la construction. En image de fond il suffit de visualiser l'image des hauts-fourneaux.
- Il y a des effets de continuité entre la première et la deuxième révolution industrielle, cela est particulièrement net pour la sidérurgie, elle appartient à la fois à la fin de la première révolution industrielle et au début de la deuxième. Le procédé de fabrication de l’acier remonte à 1856, mais la sidérurgie ne se spécialise qu’à la fin du XIXe siècle sur de nouveaux matériaux. A partir de 1878 on utilise un nouveau procédé celui de T.Gilchrist pour traiter les minerais à haute teneur en phosphore.
Les deux systèmes techniques de la seconde révolution industrielle sont la chimie et l’électricité.
- La chimie est à cheval sur les deux révolutions industrielles. En 1860 le belge Solvay met au point un nouveau procédé de fabrication de la soude qui bouleverse les bases économique de la chimie minérale. Celle-ci est supplantée vers 1880 par la chimie organique (ou de synthèse) qui permet la création de colorants, de textiles artificiels. Des exemples des progrès de la chimie : la mise au point du nylon, des gaz de combat, des explosifs, dans le domaine pharmaceutique (l’entreprise Dupont de Nemours). Entre 1902 et 1918, 6 prix Nobel de chimie récompensent des allemands (Adolf von Bayer en 1905, Fritz Haber en 1918).
- Le nouveau système technique qu’est l’électricité émerge lentement. L’invention de la pile électrique de Volta date de 1760. Puis pendant les 2/3 du XIXe siècle on cantonne l'électricité aux seules lois de l’électromagnétisme. Il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour voir s'opérer un changement. En 1870 Zenob Gramme, invente la dynamo. A la même époque en France on invente le courant alternatif. L’avantage comparatif de l’électricité c’est son transport, elle est transmissible et polyvalente. Certains en sont effrayés un inconnu en 1880: « c’est une force démesurée excessive ». L’exposition internationale de l’électricité de Paris en 1881 est choisie comme symbole du début de la 2eme révolution industriel.
Les débuts de la communication ou la naissance de nouveaux médias
- La télégraphie électrique est inventée en Grande Bretagne et en France vers 1830/40, ses premières utilisations sont faites dans l’administration politique et au sein des grandes compagnies de chemin de fer. Son utilisation privée ne se développe véritablement qu'après 1870. Le téléphone quant à lui est une invention américaine avec deux grappes de brevets de Bell et Edison.
Dans le domaine des communications les Etats-Unis affirment leur suprématie ils regroupent les réseaux, les installations, et créaient des centraux téléphoniques à partir de 1910-1911. Les centraux Strowger permettent une automatisation des manoeuvres à effectuer pour relier les individus et donc de se passer des « dames du téléphone ».
- La radio est une invention italienne, elle a été réalisée par Marconi, il émigre en Grande Bretagne en 1896 dans le but de faire fortune et se vend là bas au plus offrant, ce sera la Royal Navy, on équipe progressivement la flotte anglaise puis les flottes mondiales. Grâce à Marconi la Grande Bretagne est en pointe dans ce secteur.
- Le cinéma. Les frères Lumières originaires de Lyon, ils créaient toutes les bases de l’industrie cinématographique. En 1896, ils inventent la pellicule puis commence à produire des films et les commercialisent. Le goulot d’étranglement fut commercial, ils diffusèrent des films en France mais ils n’ont pas eu la capacité de s’imposer à l’échelle internationale et ce sont les Etats-Unis qui triomphèrent en 1910.
Les difficultés de la transition industrielle en France et en Grande-Bretagne
L’essoufflement des secteurs traditionnels
- La Grande-Bretagne conserve son premier rang mondial pour la production de charbon, en 1913 elle produit 287 millions de tonnes, mais ce charbon est de moins en moins valorisé.
- La France a un goulot d’étranglement, ses gisements sont très coûteux et elle est contrainte d’importer la moitié de sa consommation de charbon.
- Pour le textile la situation est comparable en France et en Grande-Bretagne, seule la branche du coton continue à se développer, les autres branches: laine, lin et soie sont en crise importante.
Les industriels des deux pays maintiennent leur position dans le domaine de l’industrie mécanique, notamment dans celui du matériel ferroviaire. En France ce secteur est dominé par deux grandes entreprises, Schneider et la société alsacienne de construction mécanique qui change de nom en 1878 et devient Alstom.
Dans le domaine de la sidérurgie la concurrence par l’Allemagne et les Etats-Unis est de plus en plus rude. Quand on compare les chiffres de consommation d’acier on obtient pour l’année 1895 :
- Etats-Unis 10,5M tonnes
- Grande-Bretagne7,9M t
- Allemagne 7,6M t
- France 5,8M t
Une capacité d’innovation trop limitée dans les secteurs moteurs de la 2de industrialisation
- La chimie : la Grande-Bretagne est d’amblée dépassée, la France quant à elle essaie quelques percées sur certains créneaux notamment dans l’industrie pharmaceutique, dès 1914 il existe trois grandes entreprises dans ce secteur: Saint-Gobain, Alains Froges et Carnargues, Kuhlmann.
- En automobile : la France réalise une percée remarquable, en 1914 elle est le second constructeur automobile mondial derrière les Etats-Unis mais avec un net décalage. Elle a des inventeurs artisans de génie comme Panhard Levassor. Cette industrie était liée au départ au vélocipède et au monde sportif. La production d'automobiles en 1913 :
- Etats-Unis 111000 véhicules
- France 45000
- Grande-Bretagne 34000
- Pour les communications on retrouve encore l'idée que la France et la G.B sont présentes au départ lors du dépôt de brevet mais elles sont systématiquement devancées par la suite. Ainsi à partir de 1907 l’industrie du cinéma française est concurrencée par quelques grands groupes britanniques et américains et surtout après 1909 par les majors américains installés sur la côté Ouest à Hollywood.
La montée en puissance de l’innovation allemande
- Entre 1890 et 1914 l’Allemagne devient la seconde puissance économique mondiale et la première au niveau européen. Déjà à l’époque de la Prusse il y avait un plan de développement global: (qui concernait toute l'Allemagne même si elle n'était pas encore unifiée politiquement) la Realpolitik. L'objectif était de créer un grand marché intérieur à fort pouvoir d’achat, il est mis en place en 1834 : le Zollferein. On applique des thèses du protectionnisme éducateur de F.List après la visite de ce dernier aux Etats-Unis. Cette création d'un vaste marché intérieur densément peuplé et à fort pourvoir d’achat va permettre à l'Allemagne de devenir une puissance économique majeure.
Le dynamisme de la recherche par la mise en œuvre de nouvelles méthodes : le modèle de l’industrie chimique
- L’Allemagne devient la première puissance dans ce domaine. La chimie est au main de grandes entreprises : les Kartels (ce sont des oligopoles). Le premier d’entre eux est BASF fondé en 1865 et dont le responsable de la recherche fut E.Carce, il a développé une stratégie de laboratoire en liaison avec l’université de Berlin. Grâce à ce système organisationnel les premières teintures synthétiques furent mis au point . L’autre grande entreprise chimique allemande était à cet époque Bayer (fondée en 1861) et la troisième était Hoechst (créée en 1862.)
- Ces entreprises se partageaient le marché européen de la teinture. Elles ont des laboratoires extrêmement puissants qui entretiennent des liens forts entre recherche fondamentale et recherche appliquée. Ces entreprises ont aussi en aval une stratégie commerciale et publicitaire très active.
- Les principales avancées dans ce secteur sont réalisées dans les colorants, ceux ci sont développés par les deux géants de l’industrie chimique allemande.
Dans le cadre de traités de paix suite à sa défaite lors de la première guerre mondiale, l’Allemagne a du céder la majorité de ses brevets dans le domaine chimique et spécifiquement ceux concernant les colorants où les allemands possédaient un net avantage. Néanmoins, dans l’entre-deux-guerres un géant allemand de l’industrie chimique s’est reconstituté grâce aux colorants, cette entreprise c’est IGFarben, elle joua aussi un rôle fondamental dans la mise au point de la solution finale.
La puissance internationale de l’industrie électrique allemande
- Deux géants de l’électrique : Siemens (société liée aux intérêts américains)
- AEG (Allgemeine Elektrizitäts Gesellschaft)
- Ces deux entreprises s’adaptent à un marché, à une demande galopante. Elles privilégient rapidement le courant alternatif au détriment du courant continu car il a l’avantage de permettre des innovations en chaînes. Elles ont beaucoup travaillé sur le transport de l’électricité, par exemple: en réalisant en 1891 le premier transport d’électricité à grande distance sur plus de 100km. L’électricité constitue dans la société allemande à cette époque le moteur de la croissance économique et sociale.
- Ces entreprises deviennent de véritables multinationales, et développent un système d’intégration verticale (ce sont des Konzern). Siemens s’est implanté à Londres, Vienne, St-Petersbourg, et des bureaux sont aussi installés aux Etats-Unis. Dès 1897, cette entreprise compte 11000 salariés dans le monde soit autant que dans les plus grandes compagnies de chemins de fer. Les dirigeants de ces deux sociétés que sont Siemens et AEG ont été à la fois des ingénieurs, des hommes d’affaires et ont même eu pour certains d’entre eux une carrière politique. Ce fut le cas du président d’AEG: Rathenau, il essaya de constituer un cartel mondial de l’électricité. Au début des années 20, durant la période de la République de Weimar, il fut ministre des affaires étrangères. Il avait le projet d’organiser les relations diplomatiques sur le modèle des accords de cartel, il rêvait d'un monde organisé sur le modèle de la grande entreprise, il meurt assassiné au milieu des années 20.
- L’innovation dans le secteur électrique associe les deux géants allemands et les deux géants américains, le marché mondial est à ce moment là oligopolistique. De plus, il y a entre le capitalisme américain et allemand une interpénétration cela fut longtemps valable et l’est encore dans une certaine mesure à l’heure actuelle.
- Schumpeter (rappel). Au début de sa carrière, il avance l'idée que c’est par l’entrepreneur-innovateur que vient l’innovation, puis à la fin de sa vie il change son point de vue, finalement ce serait la grande entreprise qui serait la structure la plus adaptée pour engendrer un processus d'innovation. Les grandes entreprises sont les seules à même de développer une stratégie de laboratoire massive, d’avoir une politique de recherche internationale, elles peuvent structurer l’innovation. En réalité les deux modèles développaient par Schumpeter correspondraient davantage à deux phases de l’innovations plutôt qu’à deux modèles antagonistes, pour exemple il suffit de regarder l’histoire de l’informatique pour s'en rendre compte (voir la sucess story de Bill Gates).
- La puissance de l’industrie électrique allemande est telle que celle-ci est à l'origine de la production de 23% des machines électrotechniques mises sur le marché dans le monde et surtout 48% des exportations mondiales (les Etats-Unis : 32% des exportations mondiales).
Des percées inégales dans les nouveaux moyens de transport et de communication
- Les entrepreneurs allemands se sont engagés avec retard sur le marché de l’industrie automobile, la raison principale était la mauvaise qualité des réseaux routiers et les limites réglementaires faites dans les courses automobiles. La première entreprise BENZ a végété jusqu’en 1900. DAIMLER en se spécialisant dans le marché haut de gamme a connu une diffusion lente. De manière générale le marché de l’industrie automobile allemande au début du siècle est peu dynamique.
- En 1907 :
- 11000 véhicules sont produits en Allemagne
- 34000 en France
- 64000 en Angleterre
- En revanche on constate de véritable percée des allemands dans des secteurs plus spécifiques comme en aéronautique le marché des dirigeables. La première entreprise est crée par von Zeppelin. Il a une stratégie de recherche systématique (d’ailleurs cette systématisation de l’effort de recherche est la stratégie de l’industrie allemande de manière générale pendant tout le XXe siècle). Il dépose des séries de brevets. En juillet 1900, son premier dirigeable décolle le Led Zeppelin Eins puis une série d’appareils de plus en plus perfectionner voient le jour. Le plus important en 1913 est le SACHSEN long de 140 mètres capable de transporter 20 passagers. Ce secteur des dirigeables est un filière technique spécifiquement allemande.
- Dans le domaine de la radio (TSF). La compétition entre les marines allemandes et britanniques conduit la marine allemande à s’équiper en postes de TSF sous l’impulsion de l’amiral Von Tirpitz.
- En 1903, l’entreprise Telefunken naît de l’association d’AEG et Siemens, elle devient rapidement une grande entreprise de l’industrie téléphonique. Elle créait même une filiale américaine en 1905 ce qui prouve son succès. La maîtrise de cette technologie est indispensable aux allemands pour garantir leur contrôle de leur empire colonial bien que celui ci soit resté modeste (Cameroun, Namibie, Tanzanie…). Il y a ici une dimension géostratégique, une volonté de puissance du IIeme Reich issu de la Weltpolitik de GuillaumeII. La stratégie de recherche est un élément de supériorité de l’industrie allemande face au reste de l’Europe.
Innovation et logique de guerre de croissance et de crise 1914-1945
- La première guerre mondiale est une guerre totale qui confirme la place de l’industrie dans l’effort de guerre, cette guerre est une guerre de l'innovation. Les innovations stratégiques et militaires ont eu des applications civiles postérieures au conflit ou même pendant celui-ci.
- En quoi la guerre ralentirait elle la politique de l’innovation ? Par les morts de chercheurs et la spécialisation sur la production de guerre, on abandonne la recherche sur les biens de consommation.
- En quoi la guerre accélérerait elle l’innovation ? Si la guerre accélère l’innovation c’est par le biais stratégique dans le domaine agricole, médicale, chimique...
- La guerre rapporte t-elle de l’argent ? Oui, par exemple les deux guerres du Golf ont été d’excellentes affaires (on peut pense ici aux firmes d'armements américaines) de même la guerre de Corée a été très profitable financièrement parlant surtout du fait qu’elle s’est déroulée pendant les 30 années de haute croissance.
- La première guerre mondiale a montré que la maîtrise et l’utilisation de technologies spécialisée pouvait influencer le déroulement des combats. Cette guerre n'est néanmoins pas la première guerre hyper-moderne, la première de ce type fut la guerre de Sécession aux Etats-Unis qui marqua les débuts de la photographie, des chemins de fer, du sous-marin...
- Les Etats-Unis jouèrent un rôle décisif dans le conflit grâce à leur industrie lourde et à la production massive d’armes et de munitions qui en a découlé, car la France et l’Angleterre était désaventageaient dans ce domaine vis à vis des empires centraux. Cette production de masse entraîna une consommation de masse (projectiles, bombes...). Les systèmes fortifiés sont supérieurs aux stratégies offensives bien que la rupture se fit grâce à l’aviation et aux chars.
La « grande guerre » comme rupture économique majeure
L’intervention de l’Etat : une nécessaire prise de conscience pendant la « grande guerre »
- Cette guerre fit naître l’interventionnisme, voire le dirigisme. Cela est rendu nécessaire pour soutenir un effort de guerre massif et pour organiser rationnellement l’économie.
- Le premier levier : mobiliser la main d’œuvre.
L’objectif en France comme en Allemagne est de faire revenir du front les spécialistes des industries de pointes. Une loi en 1915 en France fait revenir les spécialistes d’usines électriques. La première guerre est marquée à tous les niveaux par des innovations d'ordres organisationnelles. On mobilise de nouvelles catégories de main d’œuvre: venant des colonies, on a aussi recourt à l’immigration d’Espagne et du Portugal dans le Sud-Ouest , on fait appel aux prisonniers, aux femmes dans l’industrie mécanique ( bien que leur rôle ne doit pas être exagéré), entre 1914 et 1918 en France les effectifs féminins grimpent de 30%. La mobilisation d’une main d’œuvre féminine est plus importante en Allemagne, en 1914 elles représentent 22% de la population active industrielle et 35% en 1918.
- Le deuxième levier : organiser l’approvisionnement et orienter la production.
En France c’est l’œuvre systématique de la Direction de l’Armement dirigée par Albert Thomas (un député socialiste) de 1915-1917, transformé en ministère de l’armement en 1916, lui succède un industriel Louis Loucheur.
Ils se sont appuyés sur les consortium pour mobiliser les grandes entreprises. Ces consortium étaient animés par les représentants de l’Etat, le but était de contrôler les circuits de distribution. Le ministère de l’armement favorise la normalisation, la standardisation des produits. En juin 1918 est créée la commission permanente de standardisation.
L’Allemagne utilise une méthode sensiblement identique à celle utilisée en France. Le Reich est dépendant, il devait importer 40% de ses matières premières. Ratenau en 1914 créait un office des matières premières. Les industriels allemands sont encouragés à se tourner, à s’orienter vers des produits de substitution : des ersatz. Par exemple, les carburants synthétiques, le caoutchouc artificiel mais malgrè tout l’Allemagne n’a jamais pu résoudre ses difficultés liées au blocus et finalement l’industrie allemande s’épuise par manque de matières premières.
L’industrie chimique
- Un des produits essentiel de cette industrie est l’acide nitrique, il sert à fabriquer les explosifs. La production d’acide nitrique par de nouvelles méthodes est encouragée, c’est le domaine de la chimie de synthèse. L’Entente a été handicapée dans ce domaine, les colorants ont manqué et les entreprises chimiques de ces pays furent vite en difficultés.
- La guerre chimique s’est développée dès 1915, on utilise à partir de cette date des gaz de combat de plus en plus toxiques. Pour contrer cela on développe des masques toujours plus performants ou des contre-gaz.
- Le chimiste Fritz Haber, prix nobel de chimie en 1918, multiplia la conception de gaz nouveaux, des gaz suffoquant, des gaz toxiques et pour finir des gaz vésicants. L'élément de base de la création de gaz toxiques est le chlore, grâce à cet élément l’innovation fut fertile et multiforme. La responsabilité des chimistes allemands dans la guerre totale fut telle qu’on fit payer cela rudement à l’Allemagne, entre 1918 et 1920 elle perdit la majorité de ses brevets dans l’industrie chimique.
La sidérurgie
- C’est le pain de l’effort d’armement, elle est nécessaire pour l’artillerie, le blindage, les chars d’assaut... Il y eu pendant la guerre de profonds problèmes de main d’œuvre chez les différents bélligerants. Pour la France, à ce déficit de main d’œuvre s’est ajouté la perte de ses centres sidérurgiques principaux dans la Pas de Calais et la Lorraine. Il devint alors nécessaire de se redéployer dans le Sud-ouest, cela fut rendu possible grâce au Comité des Forges (futur MEDEF) qui accrut en même temps son emprise et son pouvoir dans ce secteur industriel.
- On assista à une véritable course poursuite entre la France et l’Angleterre d’une part et l’Allemagne d'autre part, mais ce furent les allemands qui eurent toujours une production industrielle supérieure. L’entrée en guerre des Etats-Unis fut décisive car cela permit à l’Entente de bénéficier du soutien des entreprises sidérurgiques américaines et ainsi de renverser la tendance à leur avantage.
Les industries nouvelles et les grands réseaux
- 1917-1918, cette période marque l’apparition d’une nouvelle grappe d’innovation technologique, c'est l’invention du char d’assaut, le développement de l’aviation à grande échelle et le développement de véritables systèmes de communications.
L’automobile
- Elle a joué un grand rôle dans l’arrêt de l’offensive allemande (la célèbre bataille de la Marne). La première guerre mondiale voit les débuts du camionnage qui devint rapidement indispensable. Des marques comme Renault et Peugeot développèrent ce type de véhicules mais elles ont été mobilisées pour fabriquer des obus et des armes en tous genres.
- C’est dans l’industrie automobile française et britannique que fut expérimenté l’OST (l'organisation scientifique du travail), il s’agit de l’application des principes du taylorismes à l’industrie.
- L’invention du char d’assaut est le fait des britanniques en 1915/1916 mais la diffusion de cet engin de guerre se fit grâce à Renault en 1917/1918 qui inventa un char léger le FT17 ce dernier fut fabriqué à plusieurs milliers d’exemplaires mais à cette époque il n’est utilisé que pour accompagner les troupes au combat (ce n’est que durant la 2GM que des divisions de blindés autonomes virent le jour).
L’aviation
- En 1914, l’utilisation militaire de l’aviation se limitait à des vols de reconnaissance au-dessus des lignes ennemies. Mais progressivement se développa une guerre aérienne spécifique qui était très peu une guerre de bombardement mais davantage une guerre chasseur contre chasseur. Ce fut, il est vrai une guerre symbolique plutôt qu’un réel moyen de gagner la conflit.
- En France 52000 avions furent produits entre 1914 et 1918, c’est un effort de guerre sans précédent. Il y eut plusieurs ruptures technologiques comme la mise au point du système de synchronisation des tirs/hélices en 1916.
- L’Allemagne construisit deux fois moins d’avions que l’Entente mais a pu rivaliser grâce à des avions plus rapides comme le Fokker. Le meilleur avion franco-britannique fut le SPAD.
Le problème majeur chez les différents acteurs du conflit fut le manque de pilotes ainsi que leur formation.
- En 1914 il y avait moins de 5000 avions dans le monde, 200000 ont été produits de 1914 à 1918.
Les télécommunications
- La TSF fut créée à l'origine pour un usage stratégique maritime mais la première guerre mondiale voit la naissance véritable de l'industrie de la radio et sa diffusion. Il y eut dans ce secteur des mutations importantes, l’invention des lampes électronique aux Etats-Unis(ce sont des lampes à triode elles améliorent le fonctionnement des radios) puis diffusée en Europe.
- La première guerre mondiale n’a pas toujours enclenché de nouveaux cycles n’innovations ni de courants majeurs. Il n’a pas eu d’apparition de nouveaux domaines de l’innovation mais plutôt une sélection des processus de l’innovation.
L’économie de l’innovation de la démocratie au totalitarisme et à la guerre totale
Le dynamisme de l’innovation dans les années 1920
Dans l’automobile
- La diffusion en France et en Grande Bretagne (moins en Allemagne) de l’OST et des méthodes américaines de production se fit peu après la guerre. Le modèle en France de l’entrepreneur-innovateur américain fut André Citroën, dans les années 20 cette marque devint le premier constructeur national. Citroën contrôla jusqu'à 29% du marché fançrais en 1929. Le succès de cette marque fut rendu possible grâce à l’importation en 1919 d’une chaîne de montage à l’américaine. Cela permit, d'appliquer précocement les procédés du fordisme en France. La gamme était étroite, quelques modèles étaient disponibles mais ils étaient accessibles à plus d’individus que par le passé. Citroën est à la pointe de l‘innovation technologique dans les années 20. Dès 1923 c’est le premier constructeur à proposer une caisse tout en acier. Elle envoie régulièrement des ingénieurs aux Etats-Unis en mission. La promotion de la marque est garantie par la création de raids aux longs cours, de croisières noires, la marque s’est créée une mythologie, elle va jusqu’à louer la tour Eiffel en 1925 pour l’illuminer avec son emblème aux chevrons, pour diffuser dans toute la région parisienne.
- Peugeot à cette époque a une stratégie plus bourgeoise, c’est par exeple le dernier constructeur français à avoir adopter le travail à la chaîne.
- Renault a une stratégie intermédiaire. Son principal atout a été dans les années 20 son réseau de distribution.
Ces trois marques françaises contrôlaient en 1919 63% du marché national.
- En Grande Bretagne, la première marque est la filiale américaine de FORD qui maintient sa prééminence jusqu’en 1924. Les marques britanniques qui contre-attaquèrent furent deux: MORRIS et AUSTIN. La marque Austin se caractérisa par sa stratégie commerciale particulière en effet dès 1922 elle met au point un véhicule léger, dépouillé et bon marché pour l’époque, la mini.
- L’Allemagne n’est pas en pointe dans ce secteur. Le premier constructeur est OPEL. L’industrie automobile allemande est fortement pénétrée par les firmes américaines FORD et General Motor. En 1928 GM rachète 80% du capital d’OPEL.
B-/Expansion des énergies de la seconde industrialisation
- 1920's correspondent à une période d'extension des réseaux energétiques , diversification des sources d'énergie. Electricité, thermiques, nucléaires. (cette dernière dans les années 40 , bien sûr). l'utilisation de l'electricité est en pleine hausse, 1920: 197kw/h et 1930 327kw/h /habitant.
- réseau , établissement de complémentarités, durant les années 1920, premier pas de l'économie pétrolière.
- GB= intervient dans les champs pétrolifères, W.Churchill. S'installant en Iran, avec la Compagnie pétrolière : Anglo Persian Oil Company . 1°guerre mondiale , la GB est une grande puissance pétrolière. British Petroleum: très largement contrôlée par l'Etat, patrie du capitalisme.
- France est la 3°/4° puissance : se doit d'intervenir dans les ressources pétrolières, première compagnie : CPF (Compagnie pétrolière française) (1928), Loi réglementant les débouchés, protégeants les raffineurs français, Partage du Moyen et Proche Orient; la France intervient principalement en Irak.
C-/Média et télécommunication
- Impulsation , propagange . La guerre accélère la logique d'innovation?. la radio .
- Relations entre les Etats-Unis et l'Europe (1917-1918) terre de débarquements, Bassens.
- Informations provenant des Etats-Unis, Crois d'Hions en Gironde.radio diffusée TSF. Marché pour les postes recepteurs, Objects d'art. début d'âge d'or de la Radio. La France essayant de rattraper son retard.
II-/Démocratie et Dictatures face à la Grande crise.
- Secteurs protégés , grappes d'innovation. Crise économique globale.
- Industries de pointes .
- great depression. Se redressent les industries mixtes, accélarateur des mutations de l'industrie. Disparités selon les secteurs,
- L'automobile est le plus touché, Baisse de 35% de la production en France entre 1929-1932.
- Industrie de la radio, téléphonie, secteurs abrités face à la crisen contracycliques, progression de la couverture, Normes de conforts.
- 1999-2000: Internet.
A-/La Grande Bretagne de la létargie au sursaut
- Phase de déclin profond, 19e British disease, par rapport au siècle victorien .
- Les années 1920 souffrent de la stagnation des prix (Stagflation).
- Années fastes avec les Etats-Unis, la GB reste en retrait 1930's elle resiste mieux à la crise; flexibilité, performance. France entre plus durement en crise: ce qui explique psychologiquement que la Grande-Bretagne résiste à Hitler. 1940: Bataille d'Angleterre.
- Baisse de la compétitivité nationale des entreprises britanniques. 1920's ne soutient pas la concurrence textile même avec le Japon.
- Le Japon de l'époque correspond à la Thaïlande d'aujourd'hui.
- 'Quels efforts de la Grande-Bretagne face à la crise?' Gros efforts poursuivis par les recherches de développement
- radar
- antibiotiques (Américains et Britanniques).
- Construction des industries de base, intervention avec la politique de M.Thatcher.
- Charbonnage (1928 & 1944) . Dates comparées, 2420 mines en 1928 et 1630 en 1944.On a conservé ou ouvert les mines les plus rentables. électrification des mines. On augmente ainsi la valorisation des produits, pétrochimie et le gaz.
- Introduction de la fonte et de l'acier. Crise structurelle, 3éme élément. Développement des industries nouvelles. En premier la production automobile, haut de gamme (Rolls-Royce)
- Modèle le moins coûteux , social. premier producteur européen passant devant la France, cylindre en hausse,
- Association britannique et américaine.
- Grande-Bretagne , cheval de troie des E.U en Europe (place d'investissement) sur le continent européen, filiales, finances,
- LAUXHALL :Britannique 1 place importante du marché. Morris / Austin.
- Production britannique dynamique.
- Dynamique ont pu se mobiliser avec les troupes durant la seconde guerre mondiale face aux allemands. Churchill mène la rigueur Britannique Coordonnation agence des entreprises privées.
III-/France des adaptatons insuffisantes et incomplètes
- Industrie textile est en grandes difficultés dans les années 1930, sidérurgie française. La Chimie résiste mieux. Peu concentrée, dynamisme inégal des industries nouvelles face à la Grande-Bretagne.
- En difficulté , automobiles malgré une concentration dans les années 30 , 1929 il y en a 80 et en 1939 il y en a 28 (Constructeur Citroën), première carosserie en alluminium, bord de la faillite en 1935. elle est reprise par Michelin.
- Jeune industrie électrique : symbolisée par Thomson. 1930's 100% français. Postes de radio. Abandon complexes militaro-industriel 1934. Sous le front-populaire les dépenses militaires furent multipliées par trois /
- Les allemands mirent en oeuvre l'Arryanisation des entreprises juives (confiscation). concernées des grandes entreprises Galleries Lafayette, Parfums Robinstein .
Les allemands essayèrent de créer des entreprises mixtes à capital France-Allemagne . Radio Monte Carlo (RMC), Main-d'oeuvre fourniture industrielle France marché de la relève.
- STO :1942, échange de 3 français pour le STO pour un prisonnier de guerre relaché. En février 1943, 650 000 personnes sont envoyés en Allemagne dans les Usines + 1 000 000 de prisonniers dans les usines.
- SPEER : utiliser la main-d'oeuvre sur place, construction du mur de l'Atlantique et le mur de la Méditerranée.
Allemagne nazie: une logique précoce de guerre
- Allemagne profondément affaiblie par le traité de Versailles. Quel serait le niveau de l'Allemagne sans les deux guerres? Le NSDAP (National-Socialistische Deutsche Arbeiter Partei) est anti-capitaliste à l'origine.
- 1932: Hitler établit des contacts avec le patronat allemand.
- Janvier 1933: légitimement arrivé au pouvoir , il oublie son programme et soutient le patronnat allemand.
- Une aile SA: Section d'Assaut Rohm Entreprise anti capital (Nuit des grands couteaux Avril 1936)
- Hitler prépare la guerre qu'à partir de 1936 ; Deux de ses Lieutenants, Plan de 4 ans, Erman Guering Assurer l'autarcie de l'Allemagne.
- Militarisation de cette société Hitler Goebbels contrôler très bon marché
- 1937, contrôler par les radios Telefunken, Cahier des charges, écoute des postes internationaux même la frontière. Modèle populaire des dizaines d'exemple différents, sacrifie le milieu téléphonique caractérisé comme étant dangereux.
- Effort de guerre repris par Speer en 1942;
- Innovation invention de la bombe atomique, Brain Drain. PLAN MANATHAN
III-/Rôle de plus en plus décisif dans l'impulsion étatique
A-/Renforcement des logiques d'intervention dans les deux guerres
- Politiques publiques de recherches, 1939 au CNRS en France.
- Genèse de la protection sociale renforcée de l'Etat.
- 1920:Premier ministère de l'hygiène , assistance et de prévoyance sociale
- 1930:Santé de sécurité publique: Lois 1930 sur les Assurances sociales.
- 1932:Allocations familiales, avec peu de bénéficiaires. Centre droit gouverneur Tardieu. Welfare State , cousin au plan Beveridge, de 1942 (synthèse du keynésianisme et du paternalisme britannique).
B-/Impératif vital durant le second conflit mondial
- création par Vichy de comités d'organisation (coordonner les entreprises avec les administrations / créées dès 1940, CHARTE DU TRAVAIL, adoptée en 1941, comités sociaux . Dans les entreprises créées à la libération .
- Comités sociaux , créer la médecine du Travail. Etat intervient dans la politique de recherche. 1942: Office de recherches coloniales.
- inserm 1941; Institut français du pétrole 1943.
- Mobilisation de la main d'oeuvre par l'Etat, population active